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Il y a des rencontres qui arrivent au bon moment.


Et puis il y a celles qui surviennent au moment où tout est en train de changer.

Aurélie Ledy et moi nous sommes rencontrées il y a quelques années, chacune à un tournant de sa vie. Pour elle, un profond bouleversement professionnel. Pour moi, une transformation personnelle. Deux trajectoires qui se croisent, deux sensibilités qui se reconnaissent.

De cette rencontre est née une collaboration. Puis une amitié.

Depuis deux ans, nous imaginons ensemble les étiquettes de ses vins.


Ses intuitions, son regard sur le vin et sur le monde. Mon langage photographique, ma recherche autour de la lumière, de la matière, du corps et de l’image.

Aurélie aime l’art contemporain. Elle aime déplacer les lignes, questionner les évidences et faire entrer dans l’univers du vin quelque chose d’inattendu. Son approche est profondément ancrée dans la terre et le terroir, mais elle ne se laisse pas enfermer par leurs codes.

De mon côté, j’aime donner une forme à une intuition, chercher le point de rencontre entre l’esthétique et l’émotion, entre ce qui se révèle et ce qui reste à imaginer.

Ensemble, nous avons créé une série d’images en noir et blanc, volontairement éloignées des codes traditionnels de la Bourgogne. Des images où le corps dialogue avec la terre, où la matière végétale devient presque sculpture, où le noir n’est pas absence de lumière, mais lumière, profondeur et émotion.

Ces photographies ne cherchent pas simplement à illustrer le vin. Elles ouvrent une porte sur son univers.

 

Certaines étiquettes ont suscité des réactions, des discussions, parfois même des débats. Sur l’une d’elles, Aurélie a choisi de faire apparaître un homme noir sur un Grand Cru — une image inhabituelle dans un univers aussi codifié que celui du vin bourguignon. Un choix qui lui ressemble : celui de suivre une vision, même lorsqu’elle déplace les repères.

Car au fond, cette collaboration parle de liberté.

La liberté de regarder autrement.


De faire dialoguer la tradition et l’art contemporain.  Le corps et la terre.  Le vin et l’image.

Et peut-être est-ce cela qui rend cette collaboration si particulière : nous ne cherchons pas à entrer dans un cadre préexistant.  Nous cherchons à créer le nôtre.

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